Réforme du DPE 2027 : quels logements verront leur classement énergétique s’améliorer ?

Le coût des énergies fossiles grimpe, les contraintes réglementaires se resserrent et le marché immobilier se transforme en profondeur. Dans ce contexte, une nouvelle réforme du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) se profile pour 2027, portée par la volonté du gouvernement français d’accélérer l’électrification du parc résidentiel. Pour des millions de propriétaires, cette évolution pourrait changer la donne : des logements aujourd’hui pénalisés par leur étiquette énergétique pourraient bénéficier d’un meilleur classement, sans qu’un seul travaux ne soit réalisé. Qui est concerné ? Quels sont les mécanismes en jeu ? Voici ce qu’il faut savoir.

Le DPE, un outil central dans les transactions immobilières

Qu’est-ce que le DPE ?

Le Diagnostic de Performance Énergétique est un document incontournable dans toute vente ou location immobilière. Il évalue la consommation d’énergie d’un logement ainsi que son impact environnemental, en lui attribuant une note allant de A (performance excellente) à G (performance très faible). Au-delà de son rôle informatif pour les acheteurs, le DPE est devenu un critère déterminant pour la valeur d’un bien sur le marché. Un logement classé F ou G est aujourd’hui perçu comme une charge, voire une contrainte légale, tandis qu’un bien classé D ou mieux suscite un intérêt nettement supérieur.

Le coefficient d’énergie primaire, clé de voûte du calcul

Au cœur du DPE se trouve une donnée technique souvent méconnue : le coefficient d’énergie primaire de l’électricité. Ce facteur permet de convertir la consommation d’électricité en équivalent énergie primaire, c’est-à-dire en tenant compte de l’énergie nécessaire pour produire et acheminer cette électricité jusqu’au logement. Plus ce coefficient est élevé, plus un logement tout électrique est pénalisé dans son classement. C’est précisément ce levier que la réforme entend actionner.

Une baisse du coefficient qui redistribue les cartes

Un ajustement progressif mais significatif

En 2026, une première évolution a déjà eu lieu : le coefficient d’énergie primaire de l’électricité a été abaissé de 2,3 à 1,9. Une avancée notable, mais qui n’est qu’une première étape. Un nouveau projet d’arrêté prévoit de ramener ce coefficient à 1,7 dès le 1er janvier 2027. Sur deux ans, la réduction cumulée atteindrait 26 %, une proportion suffisante pour modifier l’étiquette énergétique d’un grand nombre de logements.

Cette évolution reflète une réalité concrète : le mix électrique français, largement décarboné grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables, justifie de revoir à la baisse le poids attribué à l’électricité dans le calcul du DPE. Le coefficient actuel ne correspondait plus à la réalité du réseau électrique national.

Quel impact concret pour les logements tout électrique ?

Pour les biens utilisant exclusivement l’électricité — chauffage, eau chaude sanitaire, ventilation, éclairage, climatisation — la baisse du coefficient à 1,7 entraîne une réduction de 10,5 % de la consommation conventionnelle en énergie primaire. Combinée à la diminution déjà appliquée en 2026 (soit -17,3 %), ces logements bénéficieront d’une amélioration substantielle de leur note DPE.

En pratique, de nombreux logements actuellement classés F pourraient passer en E, et ceux classés E accéder à la classe D. Un changement qui n’est pas anodin : il peut suffire à sortir un bien de la catégorie des « passoires thermiques » et lui redonner une attractivité commerciale immédiate.

Les logements équipés de pompes à chaleur, grands gagnants de la réforme

Les propriétaires ayant déjà investi dans une pompe à chaleur (PAC) se trouvent dans une position particulièrement favorable. Ces équipements, déjà valorisés par les précédentes évolutions réglementaires, tirent encore mieux parti de la baisse du coefficient d’énergie primaire. Selon les simulations réalisées par Casam, dans 75 % des cas, l’installation d’une pompe à chaleur permet un saut de deux classes énergétiques. Couplée à la réforme de 2027, cette amélioration peut propulser un logement médiocre vers un classement intermédiaire, voire satisfaisant.

Pour les propriétaires qui hésitaient encore à franchir le pas, ces perspectives constituent un argument supplémentaire en faveur de travaux d’amélioration énergétique. L’effet de levier est réel et chiffrable.

Des outils concrets pour anticiper les changements

Le simulateur Casam au service des professionnels

Face à ces évolutions, les professionnels de l’immobilier ont besoin d’outils fiables pour conseiller leurs clients et ajuster leurs estimations. Casam propose un simulateur permettant de recalculer gratuitement le futur DPE d’un logement à partir de sa simple adresse. Cet outil offre une vision claire des gains potentiels, aide à évaluer l’opportunité de travaux complémentaires et permet d’adapter les stratégies de commercialisation en conséquence. Pour les agents et conseillers immobiliers, c’est un atout précieux pour anticiper dès maintenant les effets de la réforme.

Une attestation officielle téléchargeable dès 2027

Bonne nouvelle pour les propriétaires : il ne sera pas nécessaire de refaire un diagnostic complet pour bénéficier du nouveau classement. À partir du 1er janvier 2027, une attestation officielle de la nouvelle étiquette énergétique pourra être téléchargée directement sur l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME. Une démarche simplifiée, rapide et sans frais supplémentaires, qui facilitera les démarches de vente ou de mise en location.

Les enjeux réglementaires et la conformité européenne

Si la publication de l’arrêté semble sur la bonne voie, le gouvernement français devra néanmoins justifier ce choix auprès des instances européennes. Abaisser le coefficient d’énergie primaire implique de documenter rigoureusement les sources de données et les hypothèses retenues, afin de démontrer que le coefficient de 1,7 repose sur des fondements solides et vérifiables. Cette étape de validation pourrait influer sur le calendrier définitif de mise en œuvre, même si les signaux actuels restent encourageants.

Une réforme qui s’inscrit dans une stratégie de long terme

La révision du coefficient d’énergie primaire ne doit pas être lue comme une simple mesure technique. Elle s’inscrit dans une stratégie d’ensemble visant à décarboner le parc résidentiel français tout en valorisant les solutions électriques propres. En améliorant mécaniquement le DPE des logements tout électrique, la réforme envoie un signal fort aux propriétaires : l’électrification du chauffage et des usages domestiques est non seulement écologiquement pertinente, mais aussi financièrement avantageuse.

Cette tendance répond par ailleurs à une demande croissante des acquéreurs pour des biens économes en énergie, durables et moins exposés à la volatilité des prix du gaz ou du fioul. Sur un marché immobilier en quête de repères, un bon DPE devient un argument de vente à part entière.

La réforme du DPE prévue pour 2027 représente une opportunité concrète pour de nombreux propriétaires, en particulier ceux dont les logements fonctionnent entièrement à l’électricité. Sans nécessairement engager de lourds travaux, certains biens pourraient voir leur étiquette s’améliorer d’une ou deux classes, avec des effets directs sur leur valeur et leur attractivité. Pour savoir précisément ce que cette réforme peut changer pour votre bien, n’hésitez pas à contacter notre service client : nos conseillers sont disponibles pour vous accompagner dans cette transition.